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20 juillet 1944 : L'attentat
contre le Führer Le 20 juillet
1944, Adolf Hitler échappe à la bombe qui devait le tuer tandis
qu'il examinait des cartes avec ses généraux au Grand Quartier
Général de Rastenburg, en Prusse orientale, dans son repaire dit
la Tanière du Loup (« Wolfsschanze »).
Des militaires antinazis Malgré
douze ans d'exercice d'un pouvoir ferme, le Führer n'a jamais pu
rallier à sa cause la noblesse militaire prussienne, attachée à
ses traditions et à son honneur, ni les démocrates sincères,
portés par la foi chrétienne. Il a dû aussi combattre les
manigances de certains de ses plus proches collaborateurs, comme
Rudolph Hess ou Hermann Goering.
L'attentat du 20 juillet 1944, baptisé «Opération Walkyrie», est
le plus spectaculaire de tous ceux qui ont visé le Führer. Les
conjurés veulent tuer Adolf Hitler pour renverser le régime et
établir à sa place une dictature conservatrice en rétablissant
éventuellement la monarchie. Ils espèrent faire la paix avec les
Anglo-américains tout en continuant la guerre contre l'Union
soviétique.

Claus von Stauffenberg
Parmi les conjurés figurent plusieurs hauts gradés comme les
généraux Beck, Goerdeler et surtout le comte Claus von
Stauffenberg (36 ans). Issu d'une vieille famille de
l'aristocratie souabe, celui-ci découvre en Russie, pendant
l'hiver 1941/1942, la brutalité des SS et se lie à des groupes
de comploteurs. Bien que catholique fervent, il est convaincu de
la nécessité d'assassiner Adolf Hitler et y voit le seul moyen
de retourner l'armée contre le régime nazi.
Stauffenberg combat aux côtés du maréchal Rommel en Afrique, où
il perd un œil et une main. Ne voulant pas renoncer à son projet
d'attentat, il rentre en Allemagne en 1943 et obtient d'être
affecté à l'état-major de l'armée de terre avec le grade de
colonel. Nommé en juillet 1944 chef d'état-major de l'armée de
réserve du général Fromm, il a désormais accès aux conférences
de la Tanière du Loup.
Entre temps, le groupe de conjurés a été rejoint par le maréchal
Erwin Rommel, le « Renard du désert ». Ce militaire prestigieux
a acquis la conviction que la guerre était perdue et en a conclu
qu'il était temps pour lui de se détacher du Führer. Son chef
d'état-major, le général Hans Speidel, s'associe également au
complot. A la différence de Stauffenberg, toutefois, l'un et
l'autre persistent à croire en la possibilité d'une paix séparée
avec les Occidentaux.
"Malchance" Stauffenberg
participe ce 20 juillet 1944 à la conférence militaire
habituelle. Celle-ci a été avancée à 12h30 au lieu de 13 h, en
raison d'une visite de... Mussolini. Le dictateur italien doit
arriver en train à 14h30 à Rastenburg. En raison de la chaleur
de l'été, la réunion se tient dans un chalet en bois et non dans
un bunker en béton...
Le moment venu, Stauffenberg en personne dépose une valise
piégée près de Adolf Hitler, sous la table autour de laquelle se
déroule la conférence. Puis il quitte la pièce sous le prétexte
de donner un coup de fil.
La valise dérangeant un des militaires, celui-ci la déplace de
sorte qu'elle est désormais séparée de Hitler par le lourd
support en chêne de la table. Lorsque se produit l'explosion, à
12h42, les parois du chalet sont soufflées, ce qui amoindrit la
puissance de l'explosion. Et le Führer, protégé par le pied de
la table, n'est en fin de compte que légèrement blessé.
Stauffenberg a vu le chalet se volatiliser et des corps expulsés
par les ouvertures. Il est convaincu qu'il ne reste plus
personne de vivant à l'intérieur et, sans perdre une minute, se
rend à Berlin dans l'intention de participer au soulèvement. A
son arrivée à l'aéroport, trois heures plus tard, il téléphone
aux autres conjurés et apprend, consterné, que ceux-ci n'ont pas
osé déclencher le soulèvement faute de certitude sur le sort de
Adolf Hitler.
Beaucoup de participants à la conférence ont été tués ou
grièvement blessés mais celui-ci et le général Keitel qui se
tenait à ses côtés ont eu une chance inouïe... Quand Mussolini
arrive pour ce qui sera la dernière rencontre des deux
dictateurs, il est accueilli sur le quai de la gare par un
Hitler surexcité, les cheveux roussis, le bras partiellement
paralysé, qui l'amène sans attendre visiter le lieu de
l'explosion... Les deux hommes, après une phase d'agitation,
s'installent pour le thé.
C'est alors qu'arrive de Berlin l'information selon laquelle
l'armée se serait soulevée. Aussitôt, les dignitaires présents
(Ribbentrop, Doenitz...) s'envoient des reproches et des injures
à la figure sous le regard du Führer, silencieux.
Répression A Berlin,
Stauffenberg, suppléant à l'inertie de ses complices, a fait
arrêter son supérieur, le général Fromm... Mais il a négligé de
couper les communications téléphoniques avec le Grand Quartier
Général et de se saisir de la radio. Le ministre de la
Propagande, Joseph Goebbels, reprend habilement la main et
retourne en sa faveur l'officier venu l'arrêter. A 18h30, la
radio annonce que Adolf Hitler vient d'échapper à un attentat. A
Prague et Vienne, les généraux qui avaient entamé le soulèvement
font machine arrière.
Le ministre de l'Intérieur, Heinrich Himmler, prend le
commandement de l'armée de l'intérieur. Les troupes investissent
le quartier général de la conjuration, la Bendlerstrasse.
Stauffenberg est exécuté sur place ainsi que d'autres chefs de
la conjuration. Le général Beck est contraint au suicide. A 1h
du matin, Adolf Hitler lui-même s'exprime à la radio et annonce
une sévère répression. Il tiendra parole.
Le 8 août, un premier groupe de conspirateurs passe en procès
devant le Tribunal du Peuple, présidé par Roland Freisler,
celui-là même qui condamna les étudiants de la « Rose blanche ».
Ils sont immédiatement pendus.
Le 14 octobre, le maréchal Erwin Rommel sera sommé de se
suicider. Eu égard à sa grande popularité, le Führer lui
accordera des funérailles nationales.
L'amiral Wilhelm Canaris, ancien chef de l'Abwehr (le service de
renseignement) est par ailleurs soupçonné de participation au
complot. Il est envoyé au camp de concentration de Flössenburg
où il sera étranglé avec une corde à piano le 9 avril 1945.
Au total, la Gestapo aurait procédé à 7 000 arrestations suite à
l'attentat du 20 juillet et 5 000 personnes auraient payé de
leur vie cette tentative de se débarrasser du Führer.
* * * Freisler et les
tribunaux du peuple

Les «Tribunaux du Peuple» ont reçu de Adolf Hitler la charge de
réprimer les menées anti-nazies. Ils sont responsables de 13 000
condamnations à mort de 1934 à 1944.
Le plus redouté est celui de Berlin. Il est présidé depuis août
1942 par un ancien communiste du nom de Roland Freisler, qui
participa quelques mois plus tôt à la «conférence de Wannsee».
Il prononce 23 condamnations à mort entre 1934 et 1936, 85 entre
1937 et 1939, 53 en 1940, 102 en 1941, 1192 en 1942 et 5191 de
1943 à juillet 1944.
Victime d'un bombardement en février 1945, pendant une audience
du tribunal, Freisler échappera lui-même à une probable
condamnation à mort par le tribunal de Nuremberg... |