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Biographie
Hermann Göring

Hermann Wilhelm Göring est né à Rosenheim, en Bavière, le 12
janvier 1893. Son père, avocat et fonctionnaire colonial, est
diplômé des
universités de Bonn et de Heidelberg, et sera l'ami de
Bismarck. Souvent séparé de ses parents, Hermann Göring est éduqué
à l'école d'Ansbach avant de rejoindre l’école des cadets de
Karlsruhe, puis
l’école militaire de Gross Lichterfelde près de
Berlin. Il en sort sous-lieutenant d’infanterie.
Survient la guerre de 1914. Göring est alors
envoyé dans les Vosges avec une section d'infanterie. Plein
d’audace, il est un parfait officier
de renseignements, mais l'humidité et le froid le
terrassent par une crise de rhumatisme qui affecte les articulations
des jambes.
Grandement humilié, il introduit une demande de
transfert pour l'aviation.
En
1915, il effectue son apprentissage près de Sedan à la
Feldfliegerabteilung 25 ; Il servira d'observateur aérien lors
de la bataille de Verdun.
En récompense pour son excellent travail,
il reçoit la Croix de fer de première classe (Eiserne Kreuz
Erster Klasse).
Le 16 novembre 1915, il
revient sur le front et se révèle
être un excellent pilote de chasse au sein de la célèbre escadrille
du Baron Rouge (Manfred von Richthofen).
Lorsque ce dernier trouve
la mort lors d'un combat aérien, Hermann Göring lui succède à la
tête de cette formation
(Jagdgeschwader 1) et
termine la guerre comme as, avec 22
avions abattus confirmés ; Ce qui lui vaut la médaille de l’Ordre «
Pour le Mérite » et celle de la Croix
de fer, réalisant ainsi la
plus grande ambition du jeune Hermann.
Démobilisé comme Capitaine à l’issue de la guerre, Hermann Göring se
retrouve sans emploi.
Son grade, ses décorations et ses
qualités d'aviateur, voilà tout ce qu'il retira de 4 années de service pour la cause allemande. Mais
ni le rang, ni les médailles ne représentaient
un bagage suffisant
dans l'Allemagne de l’époque profondément en crise.
Par conviction politique il ne souhaite pas servir la
République de
Weimar et, d’autre part, il a un urgent besoin d’argent. Pour gagner sa vie et continuer de piloter il
part au Danemark en 1919, puis en Suède,
où il fait des
démonstrations aériennes et vend des parachutes. Il rencontre alors
la comtesse Carin von Kantzow, plus âgée que lui de cinq
ans. Quand,
en 1922, il rentre en Bavière, Carin le suit, puis l’épouse. Il
manifestera un grand amour pour cette femme.
A son retour en
Allemagne Hermann Göring fréquente des cours de sciences politiques
à l’Université de Münich ; Cours qu’il ne terminera pas.
C’est à cette époque que Göring assiste à une réunion
nationale-socialiste et entend parler pour la première fois Adolf
Hitler. Enthousiasmé
par le charisme de ce dernier (la rencontre
avec le Führer va complètement le transformer), et impatient de
lancer un défi au Traité de Versailles
afin de venger l'Allemagne
vaincue, il revoit Adolf Hitler dès le lendemain et entre aussitôt
au NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei). Il
adhère également à quelques associations philosophiques et
politiques comme l'Ordre de Thulé. Progressivement,
l'ancien aviateur est en train de devenir un politicien impitoyable.
Mais jusqu’à la fin de sa vie et même après la mort d'Adolf
Hitler,
Hermann Göring demeurera fidèle à son chef. Appréciant à sa valeur
cet ancien officier discipliné, le Führer lui confie rapidement ses
SA (Sturmabteilung (Sections d'Assaut)),
surnommés les "chemises brunes".
Les 8 et 9 novembre 1923, lors du du coup de force manqué de la
brasserie de Münich, Hermann Göring se trouve auprès du Führer en
tête
de colonne. Il est grièvement blessé à la jambe lors d'une
fusillade entre Nationaux-Socialistes et forces de l'ordre.
Pour échapper au mandat
d’arrêt
lancé contre lui, il s’enfuira en Autriche et sera soigné pendant
plusieurs semaines dans une clinique d’Innsbruck. Il a alors recours
à la morphine et devient dépendant de cette substance.
Suffisamment remis de sa
blessure, il gagne ensuite l'Italie, puis la Suède où il restera 4
ans. L'ancien as se laisse aller et devient obèse et
aigri ; Les
douleurs provoquées par son ancienne blessure ne lui laissant aucun
répit, sauf quand la morphine fait effet. Le besoin insatiable de
cette drogue prend fermement racine en lui, la folie le guette et il sera
même interné pendant un certain temps.
En automne 1927,
l'amnistie prononcée par Hindenburg lui permet de retourner en
Allemagne où il va aider Adolf Hitler à bâtir son empire.
Grâce à
ses contacts personnels avec certains grands patrons de l’industrie,
il collecte des fonds pour subventionner la NSDAP.
Aux élections du 20 mai 1928, Hermann Göring est élu député au
Reichstag. Arriviste et ambitieux, le nouveau parlementaire révèle
alors toute
sa personnalité, son goût du luxe, des honneurs et des
uniformes. Intelligent, fréquentant la haute société, il se montre
de plus en plus hostile
envers Ernst Röhm, alors Chef des SA. La
fidélité inconditionnelle du « paladin de Hitler » (ainsi a-t-on
surnommé Hermann Göring) finit par
porter ses fruits. Déjà chef du
groupe parlementaire NS du Reichstag, Hermann Göring est élu
président de cette assemblée en 1932. Il
apparaît donc, dès cette
date, comme l’un des premiers personnages de l’Etat.
Quand, le 30
janvier 1933, Adolf Hitler devient chancelier du Reich, Hermann
Göring est nommé Ministre de l’Intérieur de Prusse. Il est alors
chargé de la « solution finale de la question juive » et fonde la
Gestapo ainsi que les camps de concentration pour interner, d'abord
les
dissidents politiques, puis les déportés. Allié de Heinrich
Himmler contre Ernst Röhm, Hermann Göring prépare le piège dans
lequel il fera
tomber le dangereux chef des SA. Dès 1936, Hermann
Göring prépare économiquement l'Allemagne à la guerre devenue de
plus en plus inévitable, grâce au "Plan de 4 ans" (Vierjahresplan)
et soutient en Espagne le Général Franco par l’envoi de la Légion
Condor célèbre de par le bombardement sur Guernica par
les
redoutables Stukas.
Commissaire du Reich à l’Aviation, puis Ministre de l’Air avec le
grade de Général, Hermann Göring sait tirer parti de ses collaborateurs,
bien
que ses connaissances techniques dans ce domaine soient assez
restreintes. Sous sa direction apparente naît une puissante flotte
aérienne
de guerre alors que l'Allemagne, vaincue en 1918, avait été
complètement démilitarisée. Implacable (il dira un jour : "Pour un
Allemand tué,
50 000 communistes !"), Hermann Göring parvient à
écarter les Généraux Blomberg et Fritsch, tandis que Adolf Hitler
lui donne le plus haut
grade de l’armée allemande (Feldmarschall).
En 1937, Hermann Göring fonde les
Reichswerke Hermann-Göring : Ce rassemblement de 228 sites
industriels sera en 1944 la plus grande
firme sidérurgique en
Europe. En 1938, Göring participe aux négociations avec
l’Angleterre, la France, la Hongrie, l’Italie et la Pologne au sujet
de l’Anschluss avec l’Autriche. En 1940, il devient
"Reichsmarschall des Großdeutschen Reiches" et
successeur désigné d’Adolf Hitler. On le surnomme " l'Homme de fer ".
Pourtant l'homme redoute la guerre : Ayant tous les titres et
emplois qu’il pouvait désirer, menant une vie fastueuse et
indolente, collectionnant
les tableaux et les œuvres d’art, Hermann
Göring craint en effet ce qui pourrait amener l’écroulement du IIIe
Reich, et le sien par la même
occasion. Désirant maintenir la paix,
il entre alors en rapport avec Birger Dahlerus, homme d’affaires
suédois en relation avec des Anglais très influents. Mais ces
entrevues secrètes n’aboutissent à aucun résultat et la guerre
éclate en septembre 1939. Après la campagne victorieuse de
Pologne, Hermann Göring n'ose s'opposer au Führer lorsque celui-ci
prendra la décision irréfléchie (qui
décidera du sort de l’aviation
allemande et peut-être même de la guerre) d'arrêter les recherches
portant sur de nouveaux types d’avions pour concentrer tout l’effort
de l’industrie aéronautique allemande sur la production massive des
types existants. Cette erreur engendrera le lent déclin
de
l’aviation allemande, dont les modèles deviennent vite obsolètes. Le
subordonné de Göring, le célèbre Général Udet, responsable du
matériel de la Luftwaffe, se suicide quand il constate que la folle
politique de Göring conduit l’Allemagne à la défaite. Le Général Milch, qui a
succédé à Udet, demande en vain à Adolf Hitler que
Hermann Göring soit relevé de ses fonctions.
En 1941, après
l'échec de la Bataille d'Angleterre, le Maréchal du Grand Reich
reste quelques temps dans l'ombre. Le 31 juillet, il charge
Reinhardt Heydrich, Chef de la sécurité du Reich, de prendre toutes
les mesures nécessaires à une « solution globale de la question
juive ».
C'est le passage à la déportation massive des juifs dans
les pays européens occupés. En janvier 1943, Hermann Göring se
vante en assurant à Adolf Hitler que sa Luftwaffe peut continuer à
approvisionner par la voie des airs
l'armée assiégée dans
Stalingrad. Son erreur de jugement aura des conséquences
désastreuses pour l'Allemagne. Cependant, même à ce
moment où tout
ce qui l'entourait commence à craquer, le Reichsjägermeister
continue à vivre dans son univers personnel, se consacrant à la
chasse. Comme « grand amateur de l’art de la Renaissance »,
spécialement fasciné des peintures de Lucas Cranach, il collectionne
les trésors artistiques des territoires occupés de l'Europe
occidentale. La puissance croissante des bombardements alliés, à
laquelle l’aviation allemande ne peut s’opposer efficacement, amène
le Führer à penser
que le Maréchal Göring s’est montré incapable.
Adolf Hitler donne alors l’ordre, mais trop tard, de construire en
masse des Messerschmitt
Me-262, chasseurs à réaction qui auraient probablement permis à
l'Allemagne de remporter la victoire finale.
Quand, le 23 mai
1945, Hermann Göring demande au Führer, replié dans son bunker de la
Chancellerie à Berlin, s’il peut lui succéder selon le
décret du 29
juin 1941, Adolf Hitler, conseillé par Martin Bormann, s’y oppose et
le fait arrêter par la SS. Quelques jours plus tard, il est capturé
par les Américains. Le 21 mai 1945, il est
interné dans le camp américain à Mondorf-les-Bains : Cet homme lourd
de 140 kilos, assujetti au régime carcéral va
perdre énormément de poids en quelques mois et sera rapidement sevré
de la morphine. Au tribunal militaire international de
Nüremberg, il est reproché à Hermann Göring d’avoir été présent et conscient de
pratiquement toutes les
étapes qui ont constitué la politique du IIIe Reich. Leader influent du
Parti, il est accusé d'avoir participé aux
démarches diplomatiques qui
auront conduit à l’invasion de la
Pologne, de la Tchécoslovaquie, de la Grèce, de la Norvège, de la
Yougoslavie, de la Russie, etc.
En matière
de "crimes de guerre" et de "crimes contre l’humanité", il
est d’une part reproché à Göring d’avoir mis en place une politique
de travail forcé
des prisonniers de guerre et de la population juive
et, d’autre part, d’avoir spolié systématiquement tous les
territoires sous son administration.
Durant toute la durée du procès, Hermann Göring
conservera une attitude digne et combative, bien qu'étant
parfaitement conscient du sort
qu'allait lui réserver la "justice des vainqueurs". Du fait qu'il
maîtrise la langue
anglaise, il fait rectifier les mauvaises traductions pendant
l'interrogatoire et déstabilise plus d'une fois le procureur
américain Jackson. Mais il sera condamné à mort pour "crimes contre l'humanité".
Le 15 octobre 1946, pour échapper à l'humiliation
de la pendaison (après avoir demandé à être fusillé, ce qui lui fut
refusé), Hermann Göring s'empoisonne dans sa cellule à l’aide d’une
capsule de cyanure, probablement fournie par un garde américain avec
lequel il avait lié amitié. |