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Biographie
Rudolf Hess

Rudolf Hess naît le 26 avril 1894 à Alexandrie, en
Egypte. Fils d'un d'un grossiste et d'un exportateur allemand
prospère, il n'habite
l'Allemagne qu'à partir de 14 ans.
Il s'engage comme volontaire durant la première
guerre mondiale, en partie pour échapper à l'emprise de son père
dominateur qui a refusé qu'il
aille à l'université, et qui le destine à jouer un rôle dans les
affaires de la famille.
Durant le conflit, Rudolf Hess est blessé par deux
fois. Il devient pilote et terminera la guerre avec le rang de
lieutenant.
Peu après l'armistice, il rejoint les Freikorps,
groupement d'anciens soldats luttant contre le développement du
bolchevisme en Allemagne.
A l'université de Münich, Rudolf Hess étudie les
sciences politiques et entre en contact avec la société Thule, une
organisation secrète
ésotérique et politique, antisémite, dévouée à la suprématie
nordique. Hess fût aussi influencé par le Professeur Karl Haushofer,
un ancien
général dont les théories sur l'expansionnisme et la race
constituent la base du concept de Lebensraum (espace vital)
(augmentation de l'espace géographique occupé par les Allemands au
détriment des autres nations).
Après avoir entendu parler Adolf Hitler dans une
petite brasserie de Münich, Rudolf Hess décide de rejoindre le NSDAP
le 1er Juillet 1920,
devenant ainsi le seizième membre du Parti. Après sa première
rencontre d'avec le Führer il déclara se sentir comme "submergé par
une
vision".
Lors des meetings du Parti, Rudolf Hess se révéla
être un formidable combattant qui n'hésitait jamais à faire le coup
de poing avec les activistes marxistes et autres cherchant
constamment à troubler les discours d'Adolf Hitler en usant de la
violence.
En 1923, Rudolf Hess pris part à la tentative de
putsch durant laquelle Adolf Hitler et ses camarades essayèrent de
prendre le contrôle de l'Allemagne. Rudolf Hess fût condamné en 1924
à 15 mois d'incarcération dans la prison de Landsberg. Au cours de
cette période il devient le secrétaire
personnel de Adolf Hitler. C'est à lui
que le Führer dictera la plus grande partie de son livre "
Mein Kampf ".
Il fit également des suggestions éditoriales concernant le
Lebensraum, le rôle historique de l'empire britannique, et
l'organisation du NSDAP.
Après sa libération en 1925, Rudolf Hess continua
d'occuper la fonction de secrétaire personnel d'Adolf Hitler dont il
était devenu l'ami. En
1932, Adolf Hitler le nomma responsable de la Commission Politique
Centrale du Parti et général SA et SS en récompense de ses loyaux
services. Le 21 Avril 1933 Rudolf Hess fût élu membre du Reichstag,
le parlement allemand.
On dit de Hess qu'il était un homme timide, peu à
l'aise en société, mais qui affichait une dévotion quasi religieuse,
une loyauté fanatique, et une soumission aveugle à Adolf Hitler. En
1934, il prononça un discours durant lequel il dit : "Avec fierté
nous voyons un homme demeurer au delà de toute critique, et c'est le
Führer. Ceci parce que tout le monde sent et sait qu'il a toujours
raison, et qu'il aura toujours raison. Notre National-Socialisme est
ancré dans une loyauté incritiquable, dans la soumission au Führer
qui ne nécessite aucune explication, dans l'exécution
silencieuse de ses ordres. Nous croyons que le Führer obéit à un
appel supérieur pour façonner l'histoire allemande. Il ne peut y
avoir aucune
critique au sujet de cette croyance".
Bien que souvent récompensé par Adolf Hitler pour
sa loyauté, Rudolf Hess n'eût pas de véritable influence sur les
affaires de l'Etat du fait de son manque de compréhension des
mécanismes du Pouvoir et sa relative incapacité à prendre des
initiatives. Il se montrait entièrement et
délibérément dépendant de son Führer.
Il fût récompensé par les titres de Ministre du
Reich sans portefeuille, membre du conseil secret et membre du
conseil pour la défense de
l'Empire. En septembre 1939, il est officiellement désigné
comme le successeur de Adolf Hitler, juste après Hermann Göring.
Mais sur la durée, ses pouvoirs limités furent
contrariés par les intrigues politiques des dignitaires
nationaux-socialistes évoluant autour du Führer cherchant
constamment à gagner de l'influence. Rudolf Hess, lui, n'avait qu'un
seul désir : Servir le Führer. Mais comme il lui manquait la volonté
de s'engager personnellement dans la lutte pour le pouvoir, il
perdit graduellement du terrain vis à vis de son subordonné et
éventuel successeur, Martin Bormann. En conséquence, le Führer pris
peu à peu ses distances vis à vis de son ami de longue date.
Le 10 mai 1941, juste avant l'invasion allemande de
l'union soviétique, Rudolf Hess accomplit cet acte impensable qui
contribuera largement à
faire de lui un véritable héros : Ce jour là il décide de partir
seul pour l'Ecosse avec son avion personnel (ce qui prouve qu'il
n'était pas si
incapable que ça de prendre des décisions importantes !), espérant
rencontrer le duc de Hamilton dont il avait fait la connaissance à
Berlin
durant les jeux olympiques de 1936. Son projet était de conclure
avec les Anglais une alliance
contre
l'URSS.
Ayant parfaitement conscience des risques que représentent
son entreprise, il considère cependant être de son devoir de tout
faire
pour gagner la paix avec le Royaume-Uni et estime être le seul à
pouvoir réussir cela puisque toutes les propositions amicales du
Führer sont systématiquement repoussées par les britanniques, bien
décidés à faire la guerre.
Avec des réservoirs de carburant supplémentaires
monté sur son Messerschmitt ME-110, Rudolf Hess parcouru 900 miles
en cinq heures en
volant au dessus de la mer du nord, et s'arrangea pour parvenir sain
et sauf à proximité de la résidence du duc. A 6 000 pieds d'altitude
il se parachuta, et une fois parvenu sur la terre ferme il rencontra
un paysan écossais et lui dit en anglais : " J'ai un important
message pour le duc de Hamilton". Rudolf Hess sera alors arrêté...
Rudolf Hess voulait convaincre le gouvernement
britannique que Adolf Hitler voulait seulement accroître l'espace
vital des Allemands alors en situation de surpopulation, et qu'il
n'avait aucun désir de détruire une nation aryenne amie. Il
connaissait les plans du Führer consistant à envahir l'Union
soviétique, et voulait empêcher que l'Allemagne soit confrontée à un
double front, en étant obligée de combattre les soviétiques à l'est
de l'Allemagne, et les britanniques et leurs alliés à l'ouest.
Durant son interrogatoire dans un baraquement de
l'armée anglaise, il affirma que si les britanniques permettaient à
l'Allemagne nationale-
socialiste de dominer l'Europe, alors l'empire anglais n'aurait plus
à subir de préjudice de la part du Führer. Il insista sur le fait
que la victoire allemande était inéluctable et même menaça que le
peuple britannique d'être affamé à mort par un blocus allemand s'il
n'acceptait pas cette offre
de paix généreuse.
Mais Rudolf Hess ne fût pas pris au sérieux et l'on
considéra que ses propos n'engageaient que lui. Churchill, se
sentant offensé par les
menaces de Hess, ordonna qu'il soit inculpé pour "espionnage",
emprisonné pour le restant de la guerre et traité comme n'importe
quel autre prisonnier.
Adolf Hitler, désorienté par l'initiative si
audacieuse de Rudolf Hess, le déclara fou et l'exclua du
gouvernement. Cette tentative de négociation
de paix si courageuse causa finalement plus d'embarras qu'autre
chose aux dirigeants nationaux-socialistes, écoeurés de voir tant
d'obstination chez les britanniques et regrettant de savoir l'un des
leurs emprisonné par l'ennemi.
Durant sa captivité, Rudolf Hess fit preuve de
manière croissante d'un comportement instable et développa une
paranoïa le poussant à croire
que sa nourriture était empoisonnée. En 1945, il fût renvoyé en
Allemagne pour être jugé devant le tribunal militaire international
de Nüremberg.
Devant la cour il est reproché à Rudolf Hess d'avoir utilisé
ses différentes fonctions, son influence personnelle et sa relation
étroite avec le Führer pour favoriser l'accession au pouvoir des
"conspirateurs nazis" et la consolidation de leur pouvoir en
Allemagne, au sens du chef
d'accusation n° 1. Rudolf Hess aurait par ailleurs participé à la
planification militaire, économique et psychologique de la guerre au
sens du chef d'accusation n° 1. Il aurait participé à la
planification politique à la préparation des guerres "d'agression"
au sens des chefs d'inculpation n° 1
et 2. Il aurait pris part à la préparation et à la
planification des politiques "nazies" dans le domaine des affaires
étrangères, au sens du chef d'accusation n° 1. On lui reproche
également d'avoir autorisé, dirigé et pris part à des actes
constitutifs de crimes de guerre, selon le chef d'inculpation n° 3,
et à des crimes contre l'humanité au sens du chef d'inculpation n°
4, notamment par le biais de nombreux crimes contre des personnes ou
des biens.
Durant les audiences Rudolf Hess eût des troubles
de l'orientation et déclara souffrir d'amnésie. Dans ses périodes de
lucidité, il continua
d'afficher une loyauté sans faille vis à vis d'Adolf Hitler,
terminant sa dernière intervention par les propos suivants :
"Il m'a été donné pendant de nombreuses années de
vivre et de travailler sous les ordres du fils le plus grand que ma
nation ait engendrée durant
les milliers d'années de son histoire. Même si je le pouvais je
n'effacerais pas cette période de mon existence. Je ne regrette
rien. Si je devais
tout revivre depuis le commencement, je referai exactement pareil,
même en sachant qu'à la fin je serai brûlé sur le bûcher.
En raison de son état mental (ou de l'absence
flagrante de preuves...), Rudolf Hess fût "seulement" condamné à la
prison à perpétuité. Les soviétiques s'opposèrent à toutes les
tentatives de libération anticipée.
Rudolf Hess se suicida en prison, en 1987, à l'âge
de 92 ans. C'était le dernier prisonnier jugé à Nüremberg.
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