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Au sujet du convoi de juifs hollandais arrivé à
Birkenau le 25 mars 1944
ou
Comment les historiens fabriquent des gazés
Par Jean-Marie Boisdefeu
Les historiens nous enseignent qu’à leur arrivée à
Auschwitz, les juifs étaient soumis à une opération de sélection à
l’issue de laquelle
les aptes étaient mis au travail et les inaptes (notamment les
enfants et les vieux) étaient immédiatement gazés. On va voir dans
un cas
précis (celui d’un convoi de juifs hollandais) comment lesdits
historiens s’y prennent pour nous faire croire à cette fable.
Le 25 mars 1944, un convoi de 599 juifs hollandais
en provenance de Westerbork est arrivé à Auschwitz. Quel sort a-t-il
été réservé à
ces 599 juifs ? Il existe deux versions, toutes deux
exterminationnistes (celle du Kalendarium et celle de la Croix-Rouge
néerlandaise)
et nous allons les examiner dans le détail.
1 - Version du Kalendarium [1]
1.1. Le Kalendarium dit (sans donner de source) que, sur les 599
déportés du convoi (387 hommes, 169 femmes et 43 enfants), 304
hommes ont été immatriculés (n° 175.323 à 175.626) et 56 femmes
immatriculées (n° 76.076 à 76.131), les 239 autres déportés étant
- bien entendu - aussitôt gazés.
1.2. A la même date et à la même page mais sans faire de
rapprochement avec le convoi précédent, le Kalendarium dit aussi
ceci :
« 30 détenus venus de La Haye reçoivent les numéros 175.293 à
175.322. » [lesquels numéros –on le notera - précèdent les numéros
donnés aux hommes sélectionnés dans le convoi précédent.
« 184 juifs –hommes, femmes et enfants- arrivent au camp dans un
convoi venu de La Haye. ». Ce sont des juifs qui se cachaient chez
des Hollandais et qui ont été découverts, explique le Kalendarium
[sans rien expliquer, en fait]. Ils sont envoyés au camp de
quarantaine BIIa
et « en attendant les directives du RSHA, on ne leur donna aucun
numéro d’immatriculation. » Pourquoi ce traitement spécial ? Le
Kalendarium ne nous le dit pas. Plus loin, le Kalendarium dira
qu’ils ont été gazés le 4 avril. On ne peut qu’en douter mais peu
importe car,
en attendant, ils n’ont pas été gazés à l’arrivée sans pour autant
avoir été immatriculés.
« 7 détenues arrivent au camp dans un convoi venu de La Haye »
Mais d’où venaient donc ces gens-là ? De Hollande, certes, mais,
comme à cette époque, un seul convoi est venu de Hollande (le convoi
de 599 juifs dont nous nous occupons), il faut donc bien admettre
qu’ils faisaient partie de ce convoi et ne sont pas venus dans des
convois différents comme le Kalendarium le donne (malignement ?) à
penser. Nous verrons que la version de la Croix-Rouge confirme
la chose. On voit donc bien que le Kalendarium a tort d’affirmer
–par déduction dogmatique- que 239 déportés ont été gazés à
l’arrivée ;
en effet, d’une part, 390 déportés ont été immatriculés (304 + 56 +
30) ; d’autre part, 184 ont été mis à part sans être immatriculés
(sans
parler de 7 autres femmes dont le Kalendarium ne décrit pas le
sort). De la sorte, 574 au moins ont été épargnés (390 + 184) et
seulement
25 au maximum auraient pu être gazés (599 - 574).
2 - Version de la Croix-Rouge néerlandaise [2]
De son côté, la Croix-Rouge néerlandaise donne un version qui
recoupe celle du Kalendarium sur bien des points mais qui donne
quelques précisions supplémentaires ; elle précise que le convoi
était composé comme suit :
A. En ce qui concerne les hommes :
un groupe de 37 « Schutzhäftlinge » (des demi-juifs ou des juifs
conjoints d’aryens) : ce devrait être le groupe des 30 dont parle le
Kalendarium ;
un groupe de « diamantaires » [224 hommes, précise
la Croix-Rouge, mais, par la suite, elle inclura dans ce chiffre les
femmes et enfants
desdits diamantaires] : ce devrait être le groupe des 184 dont parle
le Kalendarium ;
un troisième groupe de déportés « ordinaires »
Selon la Croix-Rouge, les deux premiers groupes [diamantaires et
Schutzhäftlinge] furent mis à part lors de la sélection et retenus
pour
le travail. Elle dit aussi que 334 déportés « ordinaires » et autres
ont été immatriculés (175.293 à 175.626) mais elle ajoute qu’il y a
eu
« peut-être même quelques-uns de plus » à avoir été immatriculés ;
en effet, ses chiffres ne sont pas tirés d’un document administratif
mais d’une liste qu’elle a tenté de reconstituer ; plus précisément,
elle a relevé les numéros des rescapés et elle a constaté que le
plus
petit numéro était 175.293 (C’était un déporté dont le nom
commençait par la lettre A.) et le plus grand numéro 175.626
(C’était un déporté
dont le nom commençait par la lettre W.) ; en d’autres termes, la
liste reconstituée est probablement incomplète car il pourrait y
manquer
des déportés dont le nom commence par A et W à Z. Une estimation
rapide mais fondée, nous semble-t-il [3], permet de retenir 2
immatriculés de plus, ce qui donne un total de 336 hommes
immatriculés.
B. En ce qui concerne les femmes :
un groupe de 7 « Schutzhäftlinge » qui furent mises à part et
retenues pour le travail : on ne peut douter que ce sont les 7
femmes dont
parle le Kalendarium ;
un groupe de femmes « ordinaires » dont un certain nombre furent
immatriculées.
Comme pour les hommes, la Croix-Rouge a tenté de reconstituer la
liste des immatriculées et elle est arrivée à en compter « plus de
56 »
mais elle précise aussitôt que des témoins oculaires en ont compté
80 ; ces derniers pourraient bien avoir raison car on ne trouve dans
la
liste reconstituée aucun nom commençant par A, B et S à Z ; on peut
donc légitimement compter au moins 17 immatriculées de plus ce qui
donne un total de 73 femmes immatriculées, ce qui correspond assez
bien à ce qu’ont dit les témoins (80 immatriculées).
Bien entendu, la Croix-Rouge ne manque pas d’affirmer que les
inaptes ont été aussitôt gazés.
3. Version à retenir
Voilà les deux versions exterminationnistes en présence. Nous allons
tout simplement en éliminer tout ce qui résulte du dogme pour n’en
retenir que les éléments factuels des deux versions. Il apparaît
alors que le résultat de l’opération de sélection à l’arrivée de ce
convoi de
599 juifs hollandais devrait être à peu près le suivant :
D’une part, 184 diamantaires (hommes, femmes et enfants) ont été
épargnés sans pour autant être immatriculés ; en fait, il n’y avait
pas
d’atelier de taille de diamants à Auschwitz et ces diamantaires
étaient donc en transit ; comme l’immatriculation n’était pas
synonyme
d’aptitude au travail mais synonyme de domiciliation (Les
immatriculés étaient tous domiciliés à Auschwitz, Rue des Casernes
[Kasernenstrasse].), il n’était pas question de les immatriculer ;
on peut supposer que ces gens ont été envoyés à Bergen-Belsen le 4
avril [4].
D’autre part, quelque 336 autres hommes (30 « Schutzhäftlinge » et
306 « ordinaires ») et quelque 73 autres femmes (7
« Schutzhäftlinge » et 66 « ordinaires ») ont été immatriculés.
Au total, quelque 593 déportés ont donc été
épargnés ; il n’en a donc été gazé que 6 au maximum : on est loin
des 239 gazés du
Kalendarium. Et si les mécréants (dont nous sommes) avaient accès
aux archives (notamment aux listes de déportés hollandais), on
pourrait craindre (ou espérer ?) de devoir réduire le nombre de
gazés à zéro.
Bref, on peut parier qu’aucun inapte de ce convoi n’a été gazé. Et
cela sans même avoir à enfreindre la loi en affirmant qu’il n’y a eu
aucun
gazé pour la bonne raison que les révisionnistes ont démontré par
ailleurs que les chambres à gaz sont un mythe.
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NOTES
[1] Kalendarium (…), Rowohlt, Reinbek, édition allemande de 1989, p.
744.
[2] J. Looijenga, Het Nederlandsche Roode Kruis,
Auschwitz – Deel V : De Deportatietransporten in 1944, Den Haag,
1953, p. 23.
[3] Notre calcul est notamment basé sur la liste
des quelque 100.000 juifs hollandais morts en déportation publiée
dans In Memoriam
(Sdu Uitgeverij Koninginnegracht, Den Haag, 1995.
[4] Mais, demandera-t-on peut-être, pourquoi les
sélectionneurs d’Auschwitz n’en ont-ils compté que 184 alors que
leurs collègues de
La Haye auraient pu, selon la Croix-Rouge, leur en envoyer 224 ?
Peut-être ont-ils estimé que certains d’entre eux avaient d’autres
aptitudes intéressantes pour Auschwitz même et, en conséquence, les
ont-ils gardés ; « Premier arrivé, premier servi ». |